À la fin de ce voyage, nos corps resteront là, enflés d'être morts, en colère ou au bord de la mer.
Il restera ce sentier invitant à vivre. C'est au moins pour ça que je suis là.
Nous sommes la préhistoire que le futur aura. Nous sommes les chroniques lointaines de l'Homme. Ces années sont le passé du ciel, elles sont d'une agilité certaine, avec qui le soleil nous dessine dans l'avenir. Elles sont la vérité ou la fin, elles sont notre dieu. Nous sommes ceux qui peuvent sourire au milieu de la mort, en plein soleil. En pleine lumière.

À la fin de ce voyage, nous serons guéris par le temps, comme le tissu qui enveloppe une vieille douleur. Nos corps resteront là, étendus au soleil, comme les draps blancs après l'amour.

À la fin du voyage, il y a l'horizon. Nous repartirons, car un chemin est entamé, un bon chemin qu'il faut suivre les pieds nus en comptant les grains de sable.
Nous sommes là, vous et moi, intactes, nous pouvons sourire au milieu de la mort, en plein soleil. En pleine lumière.

D'après la chanson de Silvio Rodríguez, « Al final de este viaje », 1978